Archive | août, 2009

Ceux qui m’aiment prendront le train

28 Août

Vu que je vais de nouveau passer près de 10 heures dans un train ce week-end, de nouvelles critiques à suivre très vite: un retour sur The Last Action Hero et Primeval, notamment.

Bon week-end!

(tchou tchou)

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Dead is Red

24 Août


« Ah ouais? Je ressemble à François Cluzet? »

« Rudes sont le ciel et la terre qui traitent en chiens de paille la multitude d’êtres. Rude est le sage qui traite le peuple en chien de paille. »

Et on termine enfin par un monument de Sam Peckinpah que j’ai découvert pour la première fois ce week-end: Straw Dogs (aka Les chiens de paille) avec Dustin Hoffman.
David, mathématicien américain, vient habiter avec sa femme dans l’arrière pays anglais pour se concentrer sur ses recherches en mathématique. Il engage des jeunes du village pour réparer la ferme. Ces derniers tourmentent le couple, mais David, partisan de la non-violence, reste passif. Cela s’intensifie lorsqu’ils attaquent la ferme après qu’il a pris la défense d’Harry Niles l’idiot du village qui est accusé de meurtre. L’architecture morale d’un homme soucieux de calme et de bien-être vole soudainement en éclats. Face à des tueurs déchaînés, il devient un loup parmi les loups, la bestialité latente des personnages ne demande qu’à s’extérioriser à la moindre étincelle. David développe son intelligence au service de sa survie ; retranché il élabore des pièges qui font de lui l’égal de ses assaillants. Ses convictions non violentes sont détruites, sa répugnance à tuer enfouie à tout jamais par les actes qu’il va commettre. David tout en se défendant contre cette déferlante de cruauté découvre ses possibilités et distille à son tour l’équivalent de ce qu’il reçoit.

Quelle claque….mais quelle claque. Je ne sais pas pourquoi, je n’avais jamais osé m’attaquer à ce classique des 70’s, la raison principale étant que Peckinpah est un des rares cinéastes à avoir un énorme impact émotionnel sur moi lorsque je regarde ses films: « La horde sauvage » par exemple est toujours solidement ancré en moi alors que je ne l’ai jamais revu depuis mes 13 ans!
Ca, c’est pour le pathos. Pour Straw Dogs, quel tableau réaliste, quelle puissance malsaine! Nous ne sommes pas dans le tout manichéen, que ce soit au niveau de la peinture du couple principal, de la vie sociale villageoise ou encore des réactions de la femme de David pendant LA scène du film: la désormais fameuse scène du viol…Entre peur panique et envie de s’échapper, elle cède finalement et se soumet à son bourreau non sans un certain plaisir. Une scène vertigineuse, mettant en lumière les problèmes intimes du couple et notamment un doute sur la virilité du personnage campé par Hoffmann. Hoffman, venons-y justement. L’acteur sort de deux performances énormissimes: Little Big Man et The Graduate. Il décide alors de faire un choix innattendu et de jouer dans un véritable film de genre: il livre une nouvelle fois une composition dantesque! Il faut le voir se transformer en l’espace de 2mn, passant d’un démocrate américain scientifique (donc, à l’opposé de la bigotterie, ce qui sera admirablement bien démontré par Peckinpah en une seule scène!), en une véritable machine à tuer utilisant son intelligence pour libérer ses instincts les plus primaires. Le scénario du film est en fait appuyé par les écrits d’un anthropologue, Robert Ardrey, African Genesis et The Territorial Imperative dont la thèse principale est que les comportements humains sont motivés par des instincts animaux: il ne s’agit pas d’un rape & revenge classique, ni d’un domestic thriller, tout cela est bien plus subtil…
A l’image de la dernière scène et de la dernière ligne de dialogue du film (David roule en rase campagne avec Harry Niles. Niles lui dit « je ne sais plus où j’habite ». David lui répond: « Moi non plus », dans un grand sourire), David est « libre ». La part « raisonnement » et la part « instincts » cohabitent désormais….

Red Is Dead (bis)

24 Août


« Quoi?? T’es sûr?? Le grunge n’existe plus??! »

On poursuit dans le même code chromatique avec « Red » de Lucky McKee (the woods mais surtout May): un vieil homme reclus et taciturne veut se faire justice lui même après que son vieux toutou ait été tué par une bande de jeunes…
Adapté du roman éponyme de Jack Ketchum (sorte de Stephen King plus trash), « Red » est porté par l’interprétation magistrale d’un Brian Cox littéralement habité par le rôle et le sujet (il est d’ailleurs co-producteur du film). Petit drama à l’aspect formel trop télévisuel à mon goût (on a parfois l’impression de se retrouver devant un épisode du « Renard » esthétiquement), « Red » reste un film sympatique mais relativement inoffensif. A voir pour les fans de Lucky McKee (viré au milieu du tournage), de Cox et des chiens.

Red Is Dead

24 Août

« La prochaine fois que tu me coupes les cheveux comme ça, je te TUE »

Week-end chargé niveau films (beaucoup d’heures de train à tuer), on commence donc avec Red Eye, du papa de Freddy Krueger, Wes Craven. Petit thriller de série B ma foi fort sympathique et nawakesque, jugez plutôt:

Lisa Reisert a une peur bleue de l’avion, mais l’horreur qui l’attend sur ce vol de nuit pour Miami n’a rien à voir avec sa phobie.
Alors qu’elle prend place dans l’engin, elle est agréablement surprise de retrouver Jackson, le charmant jeune homme avec qui elle a pris un verre avant l’embarquement.
Cependant, quelques instants après le décollage, ce dernier tombe le masque et révèle la vraie raison de sa présence à bord : il participe à un complot visant à tuer le secrétaire adjoint à la sécurité nationale…et Lisa est la clef de son succès. Si elle refuse de coopérer, son propre père sera éliminé par un tueur qui n’attend qu’un appel de Jackson.

Bon ben euh voilà quoi. La première demi-heure enlevée, dynamique et posant admirablement bien les enjeux en un temps record nous faisait bien saliver. La présence magnétique de Cillian Murphy et de la délicieuse Rachel McAdams aussi. Malheureusement, après un démarrage réussi, le film se perd dans la surenchère à base de trachéotomie improvisée et sauvage. Mais mais mais, on prend malgré tout un certain plaisir bisseux à suivre les pérégrinations de Mlle McAdams dans l’aéroport, déambulant en mini short, la crinière ébourrifée, poursuivie par un Cillan Murphy transformé en boogeyman.
Bref, Red Eye (seulement 1h15) ne révolutionne pas le genre, en revanche le couple d’acteurs principaux marche bien, une véritable alchimie semble s’opérer entre eux mais les scénaristes, quant à eux, devraient prendre des vacances. De très longues vacances.

Inglourious Basterds

20 Août

Non je n’ai pas -encore- vu le film mais je tenais à vous faire partager une petite discussion sur Quentin que j’ai eu avec un ami. Je vous laisse découvrir qui est qui.

– bon t’as vu IB?

– Je t’ai déjà dit mille fois que je ne supporte pas QT. Il m’emmerde profondemment.

– t’es un gros naze.
il serait temps que tu commences à aimer le vrai cinéma.

– Si le vrai cinéma pour toi c’est ingurgiter des tonnes de films, les découper, les plagier, et en servir un condensé Liebig alors oui, nous n’aimons pas le même cinéma.
(un petit conseil d’ami: mattes « to be or not to be » de Lubitcsh avant d’encenser IB…)

– oh mon Dieu, quand je lis des trucs comme ça venant d’un amateur de slasher qui nous servent la même recette depuis 40 ans, juste lol.
To be or not to be est clairement dans les films auxquels tarantino rend hommage et c’est assez jouissif.
Pour moi, c’est clair, si on aime pas IB, on aime pas le cinéma.

– Plagier t’appelle ça rendre hommage?

– Mes couilles, plagier.
t’as pas vu le film. Moi j’ai vu les deux.
Tarantino n’a jamais plagié. Il détourne des films qu’il admire et créé un cinéma déjanté avec un univers fort et passionnant.
Il ose ce que quasi aucun autre réals n’osent faire. C’est ça le cinéma. Utiliser des codes et des cinémas d’autres époques pour en créé de nouveaux et être un des seuls réals réellement moderne

– Ok. Dès que j’irai voir le film -car j’irai le voir- je pondrai une critique bien sentie, t’inquiètes.
(QT n’a jamaiiiiiiiiiiiiiiiiis plagié. Non non. Juste quelques fois. Comme par exemple pour Reservoir Dogs -même si c’est l’un de ses seuls films que j’aime bien- ou il plagie ouvertement un film coréen de braquage -dont je me souviens plus du titre- pour la structure IDENTIQUE, fin comprise, et Taking of Pelham 1 2 3 -l’original- pour les codes couleurs des persos. A part ça, jamais)

– ça s’appelle un remake mec, il ne l’a jamais nié.
Il ne nie jamais ses influences.

– AH AH AH
tu rigoles ou quoi???
Je te mets au défi de me trouver UNE SEULE interview de lui ou il cite ces films en modèle lors de la sortie de Reservoir Dogs. Moi ça me fait hurler de voir les critiques dithyrambiques sur ce film et lui cirer les pompes sans citer les précurseurs. Tout ça grâce à une scène de coupage d’oreille, d’un pas de danse de Michael Madsen et d’un mouvement de caméra à la con.
Mais bon. C’est l’époque qui veut ça. MacDo/Surconsommation/Mémoire courte. QT aurait tort de s’en priver.. Et il a bien raison.

– T’es d’une mauvaise foi à couper au couteau.
Nier l’importance de tarantino dans le ciné d’aujourd’hui quand on voit les cinéastes que tu encenses, c’ets juste une hérésie.

– Je ne nie aucunement son importance: il a contribué à re faire connaître des vieux films aux nouvelles générations, c’est indéniable. Ce que je nie, c’est son talent. C’est différent.
Maintenant, je serai curieux que tu me dises quels cinéastes j’encense. Je suis curieux là pour le coup.

– David Twohy, Rob Zombie, Eli Roth, Sylvester Stallone…

– c’est pas parce que j’en parle que je les encense!!
David Twohy => un des ARTISANS les plus doués, je parle pas d’un masterpiece maker
Rob Zombie=> Devil’s Rejects est un excellent film. Point.
Elie Roth=> j’avoue je comprends pas….J’ai tout juste bien aimé 10mn d’Hostel 2…
Sly=> Emu par certains de ses films mais ca va pas plus loin…

Non non, tout ceci n’est pas très convaincant….Ca s’apparente un peu à parler dans le vide.

– des mecs qui font des des excellents films ont du talent. Donc ça veut dire que tu situes ces mecs au-dessus de QT. C’est fou.

– Là TU fais preuve de mauvaise foi et de raccourcis faciles: pour ma part j’encense des cinéastes qui ont su mettre en oeuvre un univers film après film: les kubrick, les lubitch, kurosawa, billy wilder, sean penn (et oui!), steven spielberg (1975/1989), Jim Cameron, etc…
Et QT n’en fait clairement pas parti, c’est clair.

– je suis pas du tout d’accord, surtout si tu mets Cameron et critique QT pour ses plagiats.
Pour moi Tarantino a sa place dans cette liste parmi quelques réals actuels comme PT Anderson ou Fincher

– Ah ben je serais curieux de savoir en quoi Cameron n’a pas été original (mis à part pour True Lies qui est un remake officiel). Cameron a toujours reussi à dépasser les limites de SON cinéma mais à transcender aussi les limites DU cinéma c’est en ça qu’il est admirable. QT ne fera jamais QUE du QT. Pour le restant de ses jours.
Ah ben QT et Fincher dans le même mail, je commence à avoir une crise d’excezema ca y est.

A perfect getaway

20 Août

Allez, on tombe le débardeur et on prend son tahiti douche. Hop hop hop.

Ah, David Twohy. Attendre un film du Monsieur, c’est comme attendre le 25 décembre. Attendre un gros cadeau d’un des artisans les plus doués d’Hollywood (Pitch Black, Riddick mais surtout Below, petite perle méconnue avec Bruce Greenwood).
A perfect Getaway donc: Cliff et Cydney sont un jeune couple d’aventuriers qui, pour fêter leur lune de miel, se rend sur la plus belle et reculée des plages de Hawaï. Randonnant sur les chemins sauvages de l’île, ils pensent avoir trouvé le Paradis sur Terre. Mais quand leur route croise celle de deux promeneurs effrayés par le récent meurtre de deux jeunes époux dans les environs, ils commencent alors à se demander s’il ne vaudrait pas mieux retourner sur leurs pas. Ne se sachant que décider, Cliff et Cydney se joignent à deux autres couples et c’est à partir de ce moment que les choses vont mal tourner. Car si loin de la civilisation ou de toutes formes de secours, chacun semble être une menace et plus personne ne sait à qui faire confiance. Et le Paradis devient un véritable Enfer quand une bataille brutale pour la survie s’engage…(dvdrama)
Je l’avoue sans honte: au delà de l’amour inconditionnel que je porte au cinoche du sieur Twohy, je me suis fait avoir comme un bleu par ce film (légèrement trop roublard mais ne faisons pas la fine bouche surtout lorsqu’on a GI Joe en face) mais Dieu que cela fait plaisir!
Impossible de parler plus du film sous peine de déflorer le suspense (et me prendre par là même des courriels incendiaires) mais sachez seulement que le vieil adage « things aren’t not what they seem » prend ici tout son sens, le tout mâtiné de réflexions sur le pouvoir de la construction solide d’une histoire, l’importance des détails, le fait de connaître son prochain, la confiance, le couple, l’amour. Parfois vertigineux (pour un film d’été, si si). Un conseil: si vous n’avez pas l’intention de voir le film mais que vous voulez tout de même percer à jour le twist: lisez attentivement les interviews données par Miss Jovovich…
Sortie dans les jours qui viennent en France.

Rick Hochet

19 Août


Un black, un ballon de basket, un grillage: Oui, on est bien à L.A…

Les journées d’été sont longues et parfois on ne sait plus vraiment comment les remplir. Pour preuve, j’ai décidé une nuit interminable de me (re)farcir un film de Russel « Razorback forever » Mulcahy: « Ricochet ». Contexte: 1991, Mulcahy est alors au sommet de sa gloire au sortir de Razorback et Highlander et figure tout en haut de la A-List d’Hollywood. Le plus grand producteur de l’époque, Joel Silver, décide de lui offrir sur un plateau LE script du moment en vogue dans la cité des anges: Ricochet, écrit par Fred Dekker (le fantastique « Night of the creeps » notamment) et Steven E. De Souza. Scénario fantastique qui attire toutes les stars d’Hollywood: Richard Gere, Bruce Willis et Harrisson Ford se montrent d’ailleurs intéréssés. Finalement, c’est le encore tout jeune Denzel Washington qui décroche le rôle principal et John Lighgow celui de sa redoutable némésis. Le pitch:

Issu d’une famille noire défavorisée, Nick Styles a toujours su qu’il n’avait qu’un moyen de s’en sortir: faire carrière dans la police. C’est à la faveur de l’arrestation d’Earl Talbot Blake, un dangereux psychopathe, que cet homme d’action et de terrain grimpe rapidement les échelons pour devenir procureur général. Mais, derrière les barreaux de sa cellule, Blake rumine sa vengeance. Une évasion spectaculaire lui permet de retrouver la liberté. Earl Talbot Blake n’aura alors de cesse de détruire la vie de celui qui l’a jété en prison plusieurs années auparavant…

Emoustillant isn’t it? Destins croisés, peinture sociale, arrivisme, le tout dans un L.A post émeutes raciales le cocktail sentait bon, trop bon.

Malheureusement, à l’arrivée, ce script fantastique est complètement dénaturé et salopé par le père Silver et l’imagerie clipesque de pacotille de Mulcahy: dialogues balourds, plots scénaristiques avortés, symbôles crypto-gay risibles, acting suspect (je mets quiconque au défi de trouver interprétation plus surjouée que celle de Lightgow dans ce film), le personnage de Ice-T (symbôle de la ville de L.A dans le script), pour parvenir à un résultat hautement risible qui fleurte avec la série Z de luxe.

Encore un fabuleux script jeté aux orties par l’incompétence de producteurs moneymakers avant tout et un mauvais choix de réal.

Mais bon, si vous voulez rire pendant 1h30, regardez-le quand même…