Archive | septembre, 2009

District Nein

7 Sep


Bon.
La claque.
Mais alors, grosse grosse la claque. Du style de celle qui vous font relativiser tout ce qui est sorti au cinoche les mois précédents (dans ce créneau) et tout ce qui sortira prochainement. Comment un p’tit jeune sudaf (réal de CE court, celui qui a tout déclenché) accompagné de tonton Jackson et nanti d’un budget de 25M€ parvient à faire la nique à Transformers 2, Terminator Salavation et consorts (près de 110M€ US engrangés….)? Le talent certainement…
L’histoire: Il y a 30 ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre… Les humains avaient tout imaginé, sauf ce qui se produisit. Les extraterrestres n’étaient venus ni nous attaquer, ni nous offrir un savoir supérieur. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés, les derniers survivants de leur monde. Ils furent temporairement installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire… Depuis, la gestion de la situation a été transférée à la MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement.

Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsqu’un agent de terrain du MNU, Wikus van der Merwe (Sharlto Copley), contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9…

Alors, bien sûr, on dressera très rapidement les passerelles évidentes entre l’histoire de l’Afrique du Sud et son apartheid pas si lointain que ça (et le très réel District 6 pour le coup!) avec, par exemple, la scène du fast food qui est plus parlante que tous les discours réunis: tout cela continue encore aujourd’hui. La « touche » Peter Jackson transparaît également lors de séquences gores pour le moins… innattendues! Néanmoins, je ne suis pas persuadé que le jeune réalisateur du film, Neil Klomgamp ait voulu en faire le « coeur » de son métrage: pour moi il semble évident que District 9 est un fan-film hommage à … La Mouche, de David Cronenberg. Tout y passe: la scène des dents, la force surhumaine, l’humanité qui disparaît peu à peu mais où affleure encore une émotion palpable, l’histoire d’amour impossible, les déjeuner et diner peu ragoutants et j’en oublie certainement…Bref, vous l’aurez compris, La Mouche doit être le film qui a le plus marqué Klomgamp dans ses vertes années (ça tombe bien, moi aussi).

Précipitez-vous en salles, c’est un véritable bijou. Qui vire carrement poétique dans la toute dernière image du film qui en nouera des gorges….faîtes moi confiance!

L’enfer c’est les autres

1 Sep

« Des problèmes de peau? Fountaine, vite »

J’aime Sam Raimi. Je veux dire je l’aime comme un grand frère qui m’a pris par la main et m’a fait connaître mes premiers émois cinématographiques: la location en skreud de Evil Dead 1 et 2 au vidéo club du coin, l’hallu au ciné devant Darkman, la claque devant un Plan Simple, la jubilation de le voir s’attaquer à Spidey (bon, ça a bien changé depuis).
Et pourtant, voilà Drag me to hell… Je l’admets sans ambages: je me suis ennuyé. Ennuyé comme devant un DTV moyen aux figures imposées (techniquement, ça sent un peu la naphtaline non?) mais surtout devant un scénario convenu au possible, tournant en rond et au twist final prévisible depuis le début de la dernière bobine. Et puis ces SFX quoi…Je comprends que le père Sam ait voulu donner une touche « cartoon » aux scènes grand guignol mais quand même! On a l’impression de se retrouver devant les effets spéciaux du Cobaye 3 avec, en climax du ridicule, la scène de la chèvre….Le film semble pendant toute la durée du métrage le cul entre deux chaises: CGI ou effets en live, satire sociale ou film d’horreur, Evil Dead ou Mort sur le Gril, Alison Lohmann ou Dorade Royale?

Le seul intérêt émotionnel du film reste pour moi le regard final de Justin Long, impressionnant de justesse. Et c’est d’ailleurs lui la vraie bonne surprise du film.