Archive | novembre, 2009

Be seeing you!

30 Nov

Une fois n’est pas coutume c’est de série TV dont nous allons parler aujourd’hui mais plus précisément de LA série TV ultime: Le Prisonnier. La chaîne AMC a en effet un remake de la série séminale de Patrick McGoohan (1967) dans ses cartons et a diffusé le tout le 15 novembre dernier. Constituée de 6 épisodes (au lieu de 17 pour la série originelle) et dotée d’un casting haut de gamme (Jim « j’ai des trous aux poignets » Caviezel en 6 et Ian « Gandalf » McKellen en 2) et d’un scénario-remis-au-goût-du-jour-j’adore-Lost-je-vais-faire-pareil, cette version 2009 du prisonnier ne convainc pourtant pas. Explications.

– Où suis-je ? (Where am I?)
– Au Village. (In the Village.)
– Qu’est ce que vous voulez ? (What do you want?)
– Des renseignements. (Information.)
– Dans quel camp êtes-vous ? (Whose side are you on?)
– Vous le saurez en temps utile… Nous voulons des renseignements, des renseignements, des renseignements. (That would be telling. We want Information, Information, Information!)
– Vous n’en aurez pas ! (You won’t get it.)
– De gré ou de force, vous parlerez. (By hook or by crook, we will.)
– Qui êtes-vous ? (Who are you?)
– Je suis le nouveau Numéro 2. (The new Number 2.)
– Qui est le Numéro 1 ? (Who is Number 1?)
– Vous êtes le numéro 6 (You are number 6.)
– JE NE SUIS PAS UN NUMÉRO, JE SUIS UN HOMME LIBRE ! (I AM NOT A NUMBER, I AM A FREE MAN!})
– Muhahahaha !!! (rire sardonique)

Patrick McGoohan dans « Votez Christian Estrosi »

Rha ce dialogue. La substantifique moelle de cette perlouze des early seventies. La paranoïa à son paroxysme, Franz Kafka ressuscité avec un petit goût de Monty Python dans la bouche. La lotus de McGoohan, les différents numéro 2, les premières si ce n’est LA première émotion télévisuelle. L’acte fondateur d’une nouvelle génération d’entertainer au pouvoir aujourd’hui…Et c’est justement là où se trouve le problème!

La série de 1967 jouait vraiment la carte du non-sense la plupart du temps et même le climax du dernier épisode ne délivrait pas vraiment de réponse définitive (pour rappel McGoohan cherche tout au long des 17 épisodes le Numéro 1): bon pour moi l’identité de numéro 1 ne souffre d’aucun débat mais c’est une autre histoire.

Dans cette nouvelle mouture donc, on réactualise le concept. Caviziel (numéro 6 donc) est employé de l’entreprise Semankor (un bon nom à la con vous en conviendrez), après avoir démissionné de sa boîte (c’est bien montré dans le générique, il tague un gros RESIGN à la bombe rouge sous l’oeil désapprobateur de ses cad’sup’) il se réveille dans le désert, la bave aux lèvres et les lèvres dans le sable. Il arrive donc au village, accueilli par numéro 2 (Mc Kellen donc) une grenade à la main (y a plus sympa comme accueil). Les tentatives de manipulations de 6 sont tout de même toujours présentes (notamment via la molécule de l’amour et 415 puis 313) mais la caractérisation du nouveau numéro 6 semble raté (ou alors c’est vraiment Caviezel qui joue comme une nouille): 6 subit. 6 ne réagit pas. 6 se dédouble et se coupe à la pomette. 6 tente de manipuler 11-12 mais personne n’y croit. Bref, ça sent le paté grippé et ce ne sont pas les dérives oniriques ratées qui vont remettre la série sur le droit chemin. On sent beaucoup trop la tentative de Lostiser l’ensemble alors que reprendre le postulat de base de la série sans cet ajout posé là comme un poil de cul dans une soupe Knor ne s’imposait pas du tout.

Gandalf le blanc et Jésus-Christ

Reste une allégorie pompeuse avec ces deux tours en transparence, aux limites du village, et tout ce qu’elles représentent. La civilisation, le capitalisme, le corporatisme, l’agent-secrétisme, les étatzunismes. La réalisation ne fait aucun effort notable et se contente d’enchaîner les ralentis dans le désert namibien sous un soleil de plomb (on croit que Jud Law va débouler à tout moment pour son nouveau parfum et se mettre torse poil). Et la grosse boule blanche vous me direz. Ben elle est toujours là mais en images de synthèse cette fois. Signe des temps?

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« T’as déjà vu un gâteau aux montres toi? »

25 Nov

Non je suis pas venu vous parler d’une nouvelle recette culinaire de l’amie STEPF (ici) mais d’une nouvelle prod Apatow (allez-y traitez moi de monomaniaque je m’en fous), le bien nommé « Drillbit Taylor », avec Owen Wilson.

Sorti en catimini courant 2008 sur les écrans, cette nouvelle comédie de la team la plus en veine du moment à Hollywood se présente un peu comme une prequel pré-pubère du jamais égalé pour le moment « Superbad », mais au pitch super con:

Pour Ryan, Wade et Emmit, c’est la rentrée des classes. Le temps est venu de découvrir leurs nouveaux camarades. Parmi eux, Filkins, la terreur du lycée, qui ne tarde pas à s’en prendre à eux. Pour se protéger, les trois amis engagent un garde du corps de fortune qui vit sur la plage et répond au nom de Drillbit Taylor.

Comprendre: avant de pouvoir baiser (Superbad), on va d’abord penser à se protéger (Drillbit Taylor).

Générique de début et amoncellement de noms connus: Judd Apatow à la prod, Seth Rogen aux dialogues, Owen Wilson dans le premier rôle et Edmond Dantes au scénario. Edmond D……..? WTF? Le comte de Monte Cristo re-birth? hum…Un pseudo peut-être…Mais oui, mais c’est bien sûr! Edmond Dantès est l’un des noooooooooombreux pseudos que le pape de la comédie US des 80’s (Home Alone, Breakfast Club, Une créature de rêve), John Hugues, aimait prendre. « Aimait » car il s’agit de son dernier job pour Hollywood, Hugues nous ayant quitté l’année dernière. L’alliance d’Apatow et du roi de la teen comédie Hugues? On demande à voir.

« ça vole les avions rouquins? »

Et bien, on ne sera pas déçu. Les deux heures de projection filent comme un cheval au galop, les punch lines sont redoutables (la patte Rogen) et l’humour slapstick (« c’était mon petit doigt ça? ») -plutôt un canevas nouveau chez Apatow- est à mourir de rire. Normal quand on sait que Steve Brill, le réalisateur de cette « chose » est également le réal de Little Nicky, le film le plus nawak avec Adam Sandler où celui-ci, dans la peau du fils de Satan a le pouvoir de changer le Pepsi en Coca (sic).

Pour se faire un peu plaisir, le trailer. Enjoy:

Cinephaegious Exclusif: L’Interview

23 Nov

On débute aujourd’hui notre grande série d’interviews de réalisateurs, de producteurs et d’acteurs concernés par le film de genre en France, avec Olivier Chateau, producteur et réalisateur du très prometteur « Asylum », qui a gentiment accepté de nous rencontrer. Réalisé pour une poignée de cacahuètes en 2007, Asylum continue son petit bonhomme de chemin et vient même de séduire outre-atlantique. Rencontre avec Olivier, un véritable passionné, qui nous parle de son parcours, son actualité et ses envies. Interview.

Peux tu, en quelques lignes, te présenter et nous résumer ton parcours. As-tu fais une école de cinéma? Si oui, laquelle, quels ont été tes premiers emplois? As tu suivi une formation « classique »? Tes influences?

Non, je n’ai fais aucune école, je suis quelqu’un qui a appris dans la rue. Voulant faire du cinéma depuis que je suis tout petit, j’ai quitté l’école dès mes 18 ans avec un BEP en poche. Et je me suis lancé.

J’ai démarré en squattant les studios où se tournaient des films. Puis j’ai loué une caméra ( 16 mm ) et j’ai tourné mon tout premier court. J’avais 20 ans. A l’époque mes influences étaient surtout Luc besson, car en le voyant je me disais qu’on pouvait tout quitter et débarquer à paris sans argent et réussir dans ce métier.

Combien de temps a mûri ASYLUM entre son écriture, ses démarches pour trouver une production, le tournage et la sortie? Quels conseils donnerais-tu à un jeune réalisateur qui souhaiterait se lancer également dans un film auto-produit?

Asylum s’est fait très rapidement. En fait, j’ai tourné 6 courts-métrages. Et un jour, en me levant un matin j’ai voulu passer au long. Mais sans passer par le circuit habituel. Je voulais tourner.

Voilà comment le film est né. Ensuite, il fallait trouver un scénario. Je me suis donc mis à écrire. Je gardais un excellent souvenir de tournage dans une forêt (pour un de mes courts intitulé « chase »). Je voulais donc recommencer. Ça a été le point de départ. C’était en Novembre 2003, et j’ai tourné 6 mois après…

L’expérience a été incroyable. Cela dit, je ne conseillerai à personne de faire ce type de film avec un budget réduit car c’est forcement des moments de galères, mais surtout c’est du temps pour obtenir la moindre chose… Il faut beaucoup d’expérience pour mener à bien ce type de projet quand on part sur l’aventure d’un long!

Juges tu que l’univers ciné du film de genre en France fonctionne un peu en circuit fermé? En dehors de La Fabrique de Films et Verane Frédiani, Richard Grandpierre, Sombrero Prod, il ne semble pas y avoir énormément d’endroits possibles où s’intégrer pour les jeunes réals et/ou scénaristes de films de genre en France. Quelle est ta position sur le sujet? Est il obligatoire de finir par s’exiler?

En même temps, il n’y a pas beaucoup de prods en France qui font du film de genre, mais c’est mieux qu’il y a 10 ans où personne n’en faisait (sourire). Donc espérons que dans 10 ans il y en aura deux fois plus !

Il n’est nullement obligé de s’exiler, tout dépend du sujet proposé…Partir aux usa pour tourner n’importe quoi, ça ne m’intéresse pas !!

Le ciné de genre semble plus décomplexé en UK et Espagne, par rapport à la France. Quel est ton sentiment la dessus?

Là, c’est pareil, que ce soit en Angleterre ou en Espagne, ils ont mis des années avant de savoir produire et faire ce type de films.

Je pense que l’on apprend de nos erreurs, donc dans l’avenir nos films de genre Français seront meilleurs.
Si demain, les frères Weinstein te proposent Halloween 3, tu fonces?

Comme je te le disais avant, tout dépend du scénario. Que ce soit dans n’importe quel pays, si le scénario mérite qu’on le fasse, j’y vais.

Si demain, les Weinstein me proposent une daube, et qu’il n’y a pas moyen de changer la moindre virgule au script, je ne pense pas y aller…

Peux tu nous parler de tes activités aujourd’hui? Tes projets? Es tu sur un tournage? comment envisages tu le futur?

Je travaille actuellement sur mon prochain long, intitulé Cibles. Que j’espère tourner en 2010.

J’ai également signé le remake de Asylum que je dois tourner aux usa.

Et je m’occupe toujours des émissions de ciné sur france2 « ma plus belle émotion de tournage » dont je suis le réalisateur.

Veux-tu ajouter quelque chose?

J’espère qu’on n’arrêtera pas de faire des films de genre en France. Soyons plus regardant sur les scénarios qui se font et faisons des choses de qualité, pour faire taire nos détracteurs.

Merci beaucoup à Olivier Chateau pour sa disponibilité, sa gentilesse et son amour du cinéma. Le prochain réal à venir nous parler sera David Morley, réalisateur de « Mutants » qui vient tout juste de sortir en DVD. Et, dans les jours à venir, une grosse, oui vraiment GROSSE exclue Cinephaegious. Stay tuned.

En bonus, le trailer d' »Asylum ».

http://www.dailymotion.com/video/x2yjrw_trailer-asylum_shortfilms

Les news de la semaine

19 Nov

Allez hop hop, nouvelle rubrique. Une fois par semaine à une date que je choisirai, moi et MOI SEUL, petit tour d’horizon de ce qui est chaud bouillant en ce moment chez nos amis les Wicains.

On commence avec Sam Worthington (« Terminator 4 », « Avatar », « Clash of the titans » que des films d’auteur à budget Jean-Luc Godaresque donc) qui vient de signer pour incarner le personnage principal de « American Crime » adapté de la BD éponyme de Rick Remender. Pour rappel, ce comics narre l’aventure suivante:  En 2016, le gouvernement américain a créé une fréquence qui permettra de juguler et empêcher toute action illégale. Voler, tricher, tuer, vous ne pourrez plus commettre ces actions répréhensibles, votre cerveau vous l’empêchera pour toujours à l’écoute de ce signal. Sauf que le Washington Post révèle au grand public ce projet et l’Amérique sombre dans la folie criminelle pour un délai de deux semaines avant que le signal ne soit lancé.

Pendant ce temps, l’arnaqueur Graham Brick, qui formait une équipe pour un dernier vol, le temps de s’en mettre plein les poches et quitter ce pays de malheur, doit se résoudre à accélérer la cadence. Il imaginait qu’il avait des mois devant lui et une certaine discrétion, il n’a plus que deux semaines et le chaos autour de lui.

Excitant hein?

On poursuit avec une petite rumeur concernant la présence d’Anne Hathaway dans Spidey 4 dans le rôle du … Black Cat.

Bon.

Je veux pas faire de peine hein mais pour rappel, Anne Hathaway c’est ça:

Ça se passe de commentaire non?

Pour rappel, la tendance était du plutôt du côté de la sublime Rachel McAdams ces dernières semaines.

Mieux non?

Non?

Bon.

On continue avec le nouveau projet de Jaume « REEEEEEEEEC » Balaguero, « Flatmate »: le héros de l’histoire, Cillian, est un concierge New-Yorkais qui a installé un système de surveillance clandestin dans les appartements de l’immeuble dont il s’occupe. Voyeur aux tendances sadiques, il devient obsédé par Clara, l’une de ses locataires, allant jusqu’à pénétrer chez elle pour violer son intimité, y compris durant son sommeil. Soupçonné par une petite fille qui le menace de le dénoncer et perturbé par l’arrivée du petit ami de Clara, Cillian va voir son piège se refermer sur lui. La version glauque de « Sliver »?

Rha un de mes films préférés des 80’s « Fright Night » (a.k.a « Vampires, vous avez dit vampires? ») va bientôt passer à la moulinette des remakes. En effet, c’est le producteur Michael de Luca qui à l’initiative de ce projet pour Dreamworks. Celui-ci a néanmoins précisé qu’il serait « fidèle à l’esprit de l’original mais avec les moyens actuels ». Pour rappel, l’histoire originale de « Fright Night » était ni plus ni moins une resucée de « Fenêtre sur cour » du grand Hitch à la différence près qu’à la place d’un voisin tueur, il s’agissait d’un voisin vampire, le tout enrobé de teen-comédie John Hughes style (RIP au fait).

« Attention, derrière toi!!! »

Et on termine par une bombe atomique à laquelle vous ne vous attendez certainement pas: JJ Abrahms va attaquer les pré-prods de « M.I: IV » et « Star Treck II ». Ah ah.

Sandra, tu me casses les Bullock

17 Nov

« All about Steve ». Ca commence plutôt mal avec ce piètre jeu de mot singeant le “All About Eve” (1950) du grand Joseph L. Mankiewicz et c’est solidement attaché à une chaise et bailloné par ma compagne, que j’ai été obligé de voir ce nouvel opus de la petite fiancée de l’Amérique, Miss Sandra Bullock (alors que moi je voulais matter “Pontypool”, merde).

Une brillante cruciverbiste (rédactrice de mots croisés, bande d’incultes) décide, après un première rendez-vous rapide, qu’un cameraman de CNN est son âme soeur. Etant donné que le métier du caméraman le fait se déplacer ça et là, elle traverse le pays de long en large, profitant de l’occasion pour participer à des évènements médiatiques, tout en essayant de le convaincre qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Lors de son périple, elle rencontre un groupe de marginaux qui l’apprécient pour ce qu’elle est.

“Si si je te jure! J’ai joué dans Speed!!!”

“Sans déconner….”

Bon ben voilà. Nous avions quitté Sandra Bullock en executive woman amoureuse de Ryan Reynolds dans le “sleeper hit” de l’été “The proposal” et on retrouve la même Sandra Bullock cette fois en simili-geekete-cruciverbiste amoureuse du beau Bradley Cooper (“The Hangover”) dans ce premier film de Phil Trail, scénariste notamment pour la série “Worst Week”. Etrange comédie que ce “All about Steve”: on sent la patte de Trail à l’aise dans le jusqu’au boutisme – savoureuse charge contre les médias US- mais on sent aussi la grosse papounette de Miss Bullock mettant un frein aux ambitions du jeunot réal sur le thème “Hey mec, je suis LA star du film mais je suis aussi la productrice donc mollo, vu?” (Sandra Bullock qui, au passage, en vieillissant se voit frapper du syndrôme appelé “syndrôme Amanda Lear”. Déduisez-en ce que vous voulez).

On sauvera aussi les performances du toujours impeccable Thomas Haden Church (“Sideways”, “Spiderman 3″) et de Ken Jeong (“Rolemodels”, “The Hangover”) toujours aussi hilarant. Quant à Bradley Cooper, bah, c’est le même Bradley Cooper que dans “The Hangover” mais avec une coupe de cheveux toute cheloue et, me semble t-il, une coquetterie dans l’oeil.

Gros four au box-office (le film a coûté une cinquantaine de millions de dollars et n’en a rapporté que 30), cet essai n’est en soi pas désagréable à suivre (juste pour ses 2,3 fulgurances de comédie ZAZesque et sa charge anti-journalistes) mais a trop le cul entre deux chaises pour convaincre définitivement.

En dénouant silencieusement mon baîllon et mes chaînes au terme des 1h30 de projection, je me suis aperçu que ma compagne dormait. Ca tombe bien, demain je lui fais pareil pour “Pontypool”. Pas sûr qu’elle apprécie.

Activité somme toute plus que normale

17 Nov

Mais oui, on le sait bien petits polissons que vous attendez tous « Paranormal Activity » la bave aux lèvres, le cerveau en ébullition, le poil brillant et la truffe humide. Mais pour satisfaire ce désir primal il va falloir attendre le 2 décembre prochain.

J’ai eu la chance de découvrir l’objet de tous les fantasmes la semaine dernière. Le film d’Oren Peli (concepteur de jeux vidéos) au budget (15 000 dollars) qui ferait passer « Blair Witch Project » pour le « Cleopâtre » de Mankiecwiz, propose une histoire marketing comme seul Hollywood est capable de les inventer (?): le jeune Oren Peli donc (35 ans), créateur de jeux vidéos, décide en 2006 de tourner un film avec deux potes, un lit, une caméra DV et des rideaux qui bougent. Le site d’actus ciné du gros Harry Knowles doit faire un pari avec les CB News et Stratégies locaux pour « je-te-parie-que-j’en-fais-le-buzz-de-l’année ». Un an plus tard, le film tourne dans divers festivals nord américains et séduit beaucoup (mais parfois moins, mais on le mentionne étrangement pas dans le dossier de presse). Le film arrive courant 2008 dans le salon DVD de Steven Spielberg, qui une fois sa tisane avalée et ses enfants couchés, se passe la galette sur son 229cm du salon à écran plat. Et là, tonton Spielby a cette phrase ô combien malheureuse qui va se propager à la même vitesse qu’un feu de garrigue sur les collines marseillaises : « fichtre, je me suis chié dessus » (ou à peu près). Néanmoins, sa te-boi (Dreamworks) oublie le film sur ses étagères pendant un an avant qu’un stagiaire-étagère de chez Paramount ne le récupère et l’embarque pour le montrer à ses boss. Paramount y croit (« ok, les gars, on le sort dans 2 salles »), le film marche, Paramount y croit encore plus (« ok, les gars, on le sort dans 4 salles »), le film carbure, Paramount frise l’apoplexie en le sortant dans un parc raisonnable de salles et en lisant les scores du film dans Variety: le film en est aujourd’hui à près de 105 M de dollars (rappelons la mise de base: 15 000 malheureux dollars), ce qui fait donc de Paranormal Activity le film le plus rentable de tous les temps….

« T’as pensé à signer les 5% sur les recettes? »

« T’inquiètes…marchera jamais ce film »

 

Mais le film au fait, il parle de quoi? Un jeune couple suspecte leur maison d’être hantée par un esprit démoniaque. Ils décident alors de mettre en place une surveillance vidéo durant leur sommeil afin d’enregistrer les évènements nocturnes dont ils sont les victimes. Les images récupérées de septembre à octobre 2006 ont été montées en un film de 86 minutes, « Paranormal Activity ». Ah ah ah. Voilà, ça c’est fait.

Maintenant, trèèèèèèès compliqué de pondre une critique sur … rien. Ah si, les acteurs on sent vraiment ben qu’en fait ils sont pas vraiment acteurs dans la vraie vie (ou alors, je leur souhaite bon courage), que les décors y en a pas vraiment et que de scénario non plus. La première heure est vraiment affligeante, on s’endort, on révâsse, on pense même au boulot c’est vous dire: et vas y que je blablatte, et vas y que je fais des effets caméras, et vas y que je dors (et que je me filme). Le tout s’emballe (un peu) dans une dernière demi-heure (attention à vos oreilles) avec un drap en soie complètement ouf malade qui fait des loopings dans toute la chambre et des traces de pas toutes dégueulasses sur la moquette de la chambre. Climax de l’histoire: un fantôme quand il va pisser, il éteind pas la lumière des chiottes.

(En exclusivité mondiale, la bande-annonce de « Paranormal Activity 2 »!!

Funny people?

16 Nov


Sandler: « si si je te jure, tu ressembles à Mariah Carey! »

Eminem: « Réfléchis bien aux prochains mots qui vont sortir de ta bouche »

Ayé. Enfin vu la dernière galette de Judd « la mer s’ouvre devant lui » Apatow, Funny People. On en a déjà beaucoup dit sur la sérieuse propension du nouveau golden boy de la comédie US à en faire des tonnes (comprendre: rajouter de loooongues minutes souvent dispensables à ses métrages) sur les 3 films qu’il a réalisé (j’omets volontairement de citer les prods Apatow dont un récent Year One de TRES sinistre mémoire). Une bonne demi-heure en trop pour « 40 ans et toujours puceau » et « En cloque mode d’emploi » et cette fois, une bonne heure très superflue sur les 2h15 de ce « funny people ».

En deux mots, petit rappel de l’histoire: George Simmons (Adam Sandler) est un populaire humoriste qui apprend que son corps est malade et qu’il devra tester un nouveau médicament. Il décide alors d’embaucher Ira Wright (Seth Rogen), un apprenti comique qui cherche à faire sa place dans ce difficile domaine. Ensemble, ils vivront de multiples aventures à la limite de la vraisemblance, surtout lorsque George fera l’impossible pour reconquérir son ancienne flamme (Leslie Mann).

La première heure, véritable OFNI, nous démontre à quel point Apatow représente le futur de la comédie: questionnement intérieur, humour glaçant, blague sur les bites, quête d’identité, crise de la quarantaine, blague sur les bites. Oh, bien sûr, pas vraiment d’éclats de rire pendant cette première heure mais un vrai sentiment « mélancomique » et l’impression d’avoir assisté à la seconde révélation d’Adam Sandler en tant que « vrai » acteur (après le passé inaperçu « Reign Over Me »).

La seconde partie du métrage va malheureusement précipiter la chute du film: on sent qu’Apatow -après avoir mis ses angoisses existentielles en abymes dans la première partie- met cette fois ci sa peur de perdre Leslie Mann (sa « vraie » femme dans la « vraie » vie) ainsi que ses deux charmantes filles. Notre intérêt baisse à la vitesse de la lumière, le temps s’étire, long, très long, et ce n’est malheureusement pas la performance ridicule d’Eric Bana dans le dernier tiers du film qui relancera un quelconque intérêt. Seth Rogen n’a plus aucune once d’utilité scénaristique à ce moment là du film et c’est bien dommage car on le retrouve émacié, vif et drôlissime après l’avoir quitté en caricature de lui-même dans le très con « Observe and Report ».

On offre donc un baillement poli en ayant l’impression d’assister à la fin d’un Judd Apatow à l’aura mythique pratiquement mort née. A moins qu’il ne se décide enfin à faire des films moins longs. Na.