Put your hands up, in the air

1 Fév

Après le mitigé « Thank you for smoking » et le franchement décevant « Juno » il n’est pas peu dire que Jason Reitman (oui, le fils de « celui dont on ne prononce pas le nom ») était attendu au tournant. Encore plus lors de la génèse de ce projet pour le moins atypique qui dévoilait le pitch suivant: un homme, spécialisé dans le cost-killing, passe sa vie dans les aéroports et les avions afin de perpétuer à l’infini une certaine vision de la liberté.

Formaté pour les récompenses ce film? Assurément, oui. Mais ce n’est pas que ça. On y retrouve un peu de tout dans « Up in the air »: du Capra, des Cohen Bros, du Soderbergh. Mix un peu foutraque à première vue mais qui trouve sa carburation et, paradoxalement, une identité.

Après le pitch, voici l’histoire un peu plus en détails: L’odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu’à ce que sa rencontre avec deux femmes ne le ramène sur terre.
C’est un collectionneur compulsif de miles aériens cumulés lors de ses incessants voyages d’affaire. Misanthrope, il adore cette vie faite d’aéroports, de chambres d’hôtel et de voitures de location. Lui dont les besoins tiennent à l’intérieur d’une seule valise est même à deux doigts d’atteindre un des objectifs de sa vie : les 10 millions de miles.
Alors qu’il tombe amoureux d’une femme rencontrée lors d’un de ses nombreux voyages, il apprend par la voix de son patron que ses méthodes de travail vont devoir évoluer. Inspiré par une nouvelle jeune collaboratrice très ambitieuse, celui-ci décide que les licenciements vont pouvoir se faire de manière encore plus rentable, via… vidéo conférence. Ce qui risque évidemment de limiter ces voyages que Bingham affectionne tant…

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Première heure de très haute voltige avec une maîtrise du découpage que l’on ne connaissait pas chez Reitman Jr (à noter l’hilarante bien que très courte composition de Zach Galifinakis – The Hangover- dans la première scène du film): rarement, exposition des personnages et des enjeux auront été ainsi mis sur le tapis de manière aussi limpide. Georges Clooney, en digne successeur de James Stewart est fidèle à lui-même, juste excellent. L’arrivée du personnage de Vera Farmiga (qui, pour une fois, abandonne ses rôles de mère dépressive, cf Joshua et Esther) bouleverse la donne et fait entrer le film dans une rom-com un peu plus classique dirons nous, ce qui nous donnera une demi-heure forcément dispensable à base de « connaissons-mieux ryan Bingham au milieu de sa famille entouré des siens »…

Bien sûr, on peut jeter la pierre à Reitman, lui reprocher de ne pas su avoir plus creuser dans la peinture RH / Crise qu’il semble souhaiter dépeindre à quelques moments du film: mais la scène du licenciement par écran interposé alors que les protagonistes sont éloignés de 2 mètres n’est-elle pas plus parlante qu’un long discours péremptoire? La force de sa mise en scène, assurément.

La dernière partie du film, douce-amère, fait en quelque sorte office de coup de poing « ouaté » dans l’estomac. De Happy-End, il n’est pas question. De réponse à ses questionnements intérieurs, oui, pour certains personnages. Mais il en restera un, qui continuera à arpenter le ciel, définitivement cette fois.

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3 Réponses to “Put your hands up, in the air”

  1. Ketch-Maester février 8, 2010 à 12:14 #

    J’en sors tout juste, j’ai bien aimé et je suis d’accord sur a peu pres tout ce que tu dis sauf un truc : Juno n’avait pour moi rien -mais alors vraiment rien- de franchement decevant!
    Regarde-le à nouveau, tu devais etre mal luné la premiere fois c’est pas possible… je ne vois pas d’autre explication!
    Tiens je vais le regarder à nouveau moi aussi pour essayer de comprendre ce que tu as pu trouver de franchement decevant dans ce film que j’ai trouvé moi si rafraichissant (avec une BO fantastique… tout comme In the Air d’ailleurs!)
    Ketch

  2. fabinox février 8, 2010 à 8:43 #

    Yo
    Je te rassure tout de suite: je ne te ferai pas l’affront de mener une argumentation sur le propos du film (grosso modo, la volonté de mener une grossesse à terme et, en creux, un message anti-IVG.
    Donc ce n’est pas l’essentiel de mon propos. Il se trouve que je n’ai pas aimé le scénario de Diablo Cody (qui, depuis, est retournée ou elle aurait du rester, cf Jennifer’s Body): qui pioche dans les poncifs adulescents, américains ou pas d’ailleurs, la tartine de confiture certifiée « indie » mise par dessus pour stabiliser le public bobo qui va évidemment se pâmer devant ce nouveau Little Miss Sunshine. Non, décidemment, cela prendrait trop de temps à expliquer je crois mais ce n’est pas tellement le film en lui même que je mets en cause mais plutôt ce système de faux films indé machines à oscars qui ne sont produits qu’avec un cynisme déplacé sous des dehors de films « rafrachissants ». Pour info, sur la même thématique, je te conseille « Snappers » de Stephen Frears 😉

    La bise

  3. Ketch-Maester février 15, 2010 à 6:49 #

    OK, point taken sur le cote pseudo-Indie-machine-a-Oscar et meme sur le message anti-IVG en creux.
    Disons que le public ingenue voir credule (et certainement bobo) que je suis a apprécié
    En tout cas, je note le Stephen Frears et vais de ce pas voir ou je peux me le procurrer
    Keep reviewing!
    K

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