Archive | mars, 2010

Avant première: HARRY BROWN

9 Mar

A tous les déçus de Gran Torino, précipitez-vous sur cette ersatz du film de Clint, version british. Interprété par un Michaël Caine au sommet de sa forme (et au crépuscule de sa vie…), « Harry Brown » raconte l’histoire d’un ex-marine (Caine) vivant chichement de sa maigre retraite dans une cité anglaise mal famée. Son quotidien se réduit à des visites à l’hôpital de la ville auprès de sa femme malade, des bières dans un pub et des parties d’échecs avec son vieil ami, Len. Le tout en faisant toujours attention d’éviter soigneusement le tunnel souterrain de la cité, repaire de toutes les petites frappes du coin. Après avoir perdu sa femme, Brown verra Len se faire assassiner de manière horrible par les malfrats. Ses vieux réflexes militaires remontent alors à la surface et il réclame vengeance…

Brut et sans concession, c’est le moins que l’on puisse dire. Une sorte de Gran Torino à l’accent cockney et dépouillé de ce qui pouvait nuire au film d’Eastwood, à savoir le long pensum un peu chiant sur la confraternité entre les peuples, la filiation, etc…Ici, que nenni. Harry Brown ne se transforme pas pour autant en Charles Bronson d’un Justicier dans la Ville mais en ange de la mort ankylosé et souffrant d’enphysème ne supportant plus que des petits loubards sans envergure mettent à mal son quartier et rogne son territoire et son quotidien.

Photographie morne et grise, plans cadrés en cinémascope sur les grandes barres d’immeubles taguées, une réalisation sans artifices mais diablement efficace et une interprétation impressionnante de justesse (mais pourquoi Caine n’a t-il pas été nominé aux Oscars??!!) donnent à Harry Brown le statut d’excellent premier film: il faut voir à ce titre la course poursuite entre Brown et un malfrat qui voit Caine s’essoufler au bout de quelques secondes et s’affaisser sur lui même. Il faut voir la froide vengeance de Caine, laissant agoniser un dealer en lui racontant une histoire personnelle survenue en Ulster, il faut assister à une scène finale absolument apocalyptique en pleine cité qui voit celle-ci ravagée par une émeute destructrice, il faut enfin s’accrocher pour supporter la toute dernière bobine dans le pub de quartier voyant s’affronter un Caine au bout du rouleau et un Liam Cunningham plus vicieux que jamais.

A découvrir donc. De toute urgence.

Séance de rattrapage: LAKE MUNGO

8 Mar

Rien à dire, quand les australiens se mettent au fantastique ils ont indubitablement quelque chose en plus. La patrie des kangourous, fournisseur (entre autres) des Mad Max, Patrick, Long Week End, Harlequin et consorts sort dans l’indifférence quasi-totale une petite perle de film: Lake Mungo. Cette petite bande, tourné façon documentaire journalistique, raconte la noyade d’une jeune fille, Alice Palmer,  sous les yeux de sa famille. Quelques semaines plus tard, des évènements inexplicables font leur apparition dans la maison familiale qui conduisent la famille Palmer à faire appel à un médium pour les aider à comprendre

Autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas du Fourth Kind, du Paranormal Activity et encore moins du Blair Witch même si la forme adoptée pour raconter cette histoire (le docu-menteur) peut de prime abord prêter à confusion. Lake Mungo ne fait jamais de surenchère à base de rideaux qui bougent mais offre plutôt au spectateur une vision intelligente de thématiques universelles comme la double identité, le poids des images (on ne regarde souvent que ce qui nous est pointé du doigt), la douleur du deuil, le mal-être adolescent, etc…Aucun effet choc (enfin, si, un seul et très adroitement intégré scénaristiquement) mais une sensation de tristesse, de mélancolie, une touche somme toute très australienne de même que le poids inhérent de la nature sauvage environnante ce qui confère à ce premier film très réussi une patte originale et rafraîchissante…

Réalisation très classieuse (on a vraiment l’impression d’être devant un docu top qualité de la BBC), interprétation collant à la réalité (jamais surjouées, les scènes renforcent nettement la patine « vraie vie ») et partis pris créatifs audacieux, Lake Mungo ne vous donnera pas de cauchemars mais à l’issue du générique final on ne peut s’empêcher d’avoir Alice Palmer en persistance rétinienne. Pour un petit moment.

Séance de rattrapage: The Children

4 Mar

On va finir par croire que ce blog est consacré à environ 72% de films traitant d’enfants meurtriers mais bon que voulez vous mesdames et mesdames, c’est l’actu qui veut ça!

Deux familles se réunissent dans une maison à la campagne pour célébrer les fêtes de Noël. Un havre de repos pour les parents, un parfait terrain de jeu pour les enfants.
Très vite pourtant, ce moment privilégié prend une tournure qu’aucun des adultes n’aurait pu envisager : leurs propres enfants, sous l’effet d’un mal mystérieux, se retournent contre eux avec une cruauté et une ingéniosité implacables.

Alors, plus que les rapports faciles avec la nouvelle vague de films sur des enfants meurtriers sortie ces derniers mois sur nos écrans (The Orphan, Case 39, etc…), il faut à mon avis plus voir une filiation avec le sous-genre du film de contamination et de manière plus précise, avec « The Body Snatchers ». En effet, au delà des codes empruntés par la réalisation du film (dichotomie Innocence / horreur des actes), la précision quasi-entomologique dont sont décrits leurs agissements dans une optique complètement désincarnée renvoie directement à l’oeuvre séminale de Philip Kauffman (je préfère retenir cette relecture plutôt que l’oeuvre originelle de Don Siegel qui a quand même pas mal veilli…).

Bonnet blanc et blanc bonnet

Tom Shakland, le réal, a bien compris cette filiation évidente et l’exploite à merveille, notamment par le biais du montage et des effets sonores. L’univers graphique du film convient également parfaitement à l’univers décrit (les agissements glacés des enfants renvoient à un décor complètement enneigé). Les petits acteurs du film s’en donnent à coeur joie pour nous retourner l’estomac. Bref, je conseille vivement cette petite bombinette passée complètement inaperçue qui vous glacera le sang. Disponible en DVD depuis hier.

Faîtes des gosses, comme dirait l’autre….

Avant première: Case 39

2 Mar

Avant-première avec un film produit et réalisé en 2006? Ben ouais. Vu qu’il n’est toujours pas annoncé en sortie dans nos salles obscures, c’est une AP. Na. Mis en images par l’uber-naze Christian Alvart (décidemment…) qui pourrait prendre la même route que Uwe Boll s’il ne fait pas gaffe, Case 39 raconte l’histoire d’une assistante sociale, Emily Jenkins. Et voilà. Nan, j’déconne. Emily Jenkins est assistante sociale, donc. Elle pense avoir tout vu parmi les pires situations familiales … jusqu’à ce qu’elle ait entre ses mains un dossier bien mystérieux, celui d’une enfant de 10 ans, Lilith Sullivan. L’assistante sociale (Renée Zellweger qui se transforme petit à petit en Loana sous tranxène) est convaincue que Lilith est maltraitée par sa famille, ce qui sera vite confirmé quand les parents essayeront de tuer leur unique fille (LAWLE). Emily parvient à arracher la jeune fille à son foyer et décide de la garder avec elle en attendant une bonne famille d’accueil. Mais elle ne tardera pas à découvrir que Lilith n’est pas si innocente qu’elle le pensait et que les apparences sont le plus souvent trompeuses.

Coucou Loana, tu me fais sortir du Loft?

1h30. Mais c’est long, c’est loooooooooong! Prenez The Omen, mettez une petite dose de The Orphan, arrosez largement d’une bonne rasade de The Children et vous obtiendrez ce Case 39 tout cassé. Aucune surprise, aucun temps fort, aucune empathie pour les personnages (la jeune actrice qui joue Lilith cabotine comme un vulgaire Jack Nicholson andropausé), le petit rôle de Bradley Cooper pré-the Hangover ne vient meme pas sauver l’entreprise du marasme le plus total. Sombre histoire de fantastic-drama-murderer child movie, cette purge infâme sombre dans le nanar le plus total au cours d’une dernière scène qui soulèvera de nombreux fous rires nerveux devant ce « climax » plus que ridicule qui nous donnera l’occasion d’admirer un monstre en CGI le plus moche qu’on ait pu voir depuis….euh….ben la somme de tous les monstres les plus laids, en fait. Seul point positif du film, il aura permis au moins à Renée Z. et à Bradley C. de roucouler IRL. Et ça dure depuis. Su-per.

Séance de rattrapage: PANDORUM

2 Mar

On était passé à côté de la dernière b……., pardon, du dernier « effort » du teuton Christian Alvart, le bien nommé Pandorum, sorti en catimini dans nos salles à la fin de l’année dernière. Le film se présente de prime abord comme un « Event Horizon » look alike (c’est d’ailleurs produit par Paul Anderson. Non, pas lui. L’autre): Un jeune ingénieur (brillamment interprété par Ben Foster, mais bon, il est tellement bon qu’il serait capable de jouer sauce actor studio un chocapic) se réveille à la suite d’un sommeil prolongé dans l’hyperspace pour découvrir son immense vaisseau spatial semble t-il vide de tout son équipage. Il rencontre alors son supérieur, interprété par Dennis Quaid, au détour d’une coursive et essaie de dénouer les fils de sa mémoire alors que rôde une menace indicible…

Attention! Tu vas tomber dans les failles du scénario!

Effectivement, Event Horizon look alike vu le pitch. Mais Pandorum est bien plus que cela. Les amateurs de jeux vidéos l’auront compris dès les premières minutes en visionnant le bouzin mais nous avons à faire à rien de moins qu’à une adaptation non-officielle DU choc 2009 en jeux vidéos: Dead Space. C’est sous ce prisme là que j’ai décidé de m’infliger cette torture -car de torture il s’agit hein- pendant 1h30 pour voir jusqu’à quel point des producteurs peu scrupuleux avaient décidés de surfer ad nauseum sur ce fantastique jeu vidéo sans évidemment s’acquitter des droits d’exploitation…On retrouve TOUT ce qui a fait le succès de Dead Space dans Pandorum, le personnage de l’ingénieur guidé par radiocommunications, le design du vaisseau avec ses coursives suitant de crasse et enfumées (ok, empruté à Alien ce coup là), le « poignet à protons » dont se munit Ben Foster, etc etc…Tout sauf les créatures et c’est là que le bat blesse. Moche design, moche partis pris visuelset menace vraiment toute relative.

En substance, Pandorum se déguste comme un gros plaisir coupable, on se fait chier relativement peu mais le scénario est tellement capilotracté et d’une finesse faisant passer la moindre prod Asylum pour du Orson Welles, qu’on ne retient finalement qu’une chose à l’issu du générique de fin. L’adaptation officielle de Dead Space. Vite.

Et le trailer de Dead Space

Avant-première: Grace

1 Mar

Très jolie découverte que ce Grace qui avait à priori fait sensation lors du festival de Gerardmer 2009 et qui, depuis, reste inexplicablement sur les étagères des distributeurs: Madeline Matheson, enceinte de huit mois, est déterminée à accoucher naturellement. Suite à un grave accident, le bébé qu’elle porte meurt dans son ventre. Néanmoins, elle décide de mener sa grossesse à terme. Après l’accouchement, le bébé revient miraculeusement à la vie…

Je vais pas la faire longue sur ce film si ce n’est vous conseiller vivement de vous ruer dessus. Attention, les thèmes abordés par le film sont parfois assez hardcore surtout que la qualité visuelle du métrage (aussi bien au niveau de la réal que des SFX) porte véritablement le discours. En vrac: le choix d’être mère envers et contre tous, le Us VS them, le poids de la belle famille, les frustrations de l’entourage, la fusion née de l’allaitement…Tout y passe mais évidemment par le filtre exacerbé du cinéma de genre. Grosse grosse claque dans la gueule que ce film malgré une fin un peu vite expédiée: on aurait aimé aller encore plus avant….Mention spéciale donc à Paul Solet, scénariste et réalisateur de ce film glauque et beau à la fois.

Avant-première : Légion

1 Mar

Toi qui a joué au jeu de rôle une bonne partie de ton adolescence et notamment à In Nomine Satanis, tu ne pouvais que frémir d’envie en découvrant la jolie affiche teaser de ce Légion. Tu frémis encore plus en découvrant le casting de cette série B de luxe: Dennis Quaid, Paul Bettany, Lucas Blaak, Charles S. Dutton…Tu trépignes en découvrant le script: Que se passe-t-il quand Dieu perd foi en l’humanité et envoie une légion d’anges pour exterminer la race humaine ? Un groupe de résistance se constitue en plein désert autour de l’archange Michael…

Malheureusement, tu t’effondres sur toi même en découvrant le piteux résultat que ce Légion, rebaptisé en français « L’Armée des anges » (ouais, pourquoi pas). Hormis une séquence d’exposition rendant hommage quasiment plan par plan à l’intro du Terminator de Cameron (1985), cette boursuflure indigeste n’est pas même sauvée par Dennis Quaid. C’est dire. Tout est cheap, mal joué (Paul Bettany semble se demander ce qu’il fait là et nous aussi), à la limite du ridicule lors des séquences censées être « explosives, dantesques et bibliques » (EPIC LOL).

Légion, un film avec des tatouages de ouf

Le réal trouve tout de même le moyen de se ridiculiser encore plus dans une dernière bobine en dessous de tout, à l’imagerie bondieusarde toute bouffie et au nouveau renvoi vers Terminator, le 2 cette fois, avec une simili Sarah Connor reprenant la route du désert, le sauveur de l’humanité bien empaqueté sur le siège arrière. N’en jetez plus, la (sainte) coupe est pleine.