Archive | avril, 2010

Pontypool

23 Avr

Débutez. Laissez vous envoûter par la voix de l’acteur Stephen McHattie lors du générique: longue litanie sur l’homonymie de certains mots. Le tout avec vue sur paysage enneigé. Pontypool, Ontario. Nous y voilà. Il fait froid, très froid. Un peu de café rehaussé de quelques gouttes de bourbon ne feront pas de mal. Mais putain, c’est qui cette autostoppeuse chelou? Qu’essaie t-elle de nous dire? Première scène de Pontypool.

Un film que je (re)découvre seulement ces jours-ci du fait d’une non sortie en salles et de chemin de croix pour le trouver sur un autre support. Ce film est tout simplement éblouissant. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été charmé par tant d’intelligence, d’ambiance, d’acting, de tensions…Il y a de tout dans cette toute petite production canadienne sortie en 2008, adaptée d’un best seller de Tony Burgess intitulé « Pontypool changes everything ».

L’histoire? Par un neigeux matin d’hiver à Pontypool, l’animateur Grant Mazzy s’apprête à débuter sa matinale de la radio locale. Sa voix chaude et ronde met en onde les nouvelles insignifiantes qui bercent le quotidien de cette ville sans histoire. Filtrées par sa productrice Sidney Briar, et son ingénieur du son, Laurel-Ann Drummond, les nouvelles sont récoltées par divers biais : leur correspondant Ken Looney censé survoler la région en hélico, les appels des auditeurs, la captation des fréquences de police et les news postées sur le net. Mais voici que petit à petit, notre fine équipe reçoit des bribes d’informations selon lesquelles une émeute se serait produite devant le domicile du médecin Mendez. Une émeute à Pontypool ? Voilà qui serait une première. Mazzy veut sauter sur l’opportunité d’un scoop tandis que sa productrice, plus respectueuse de la déontologie journalistique… et ne cherchant pas à heurter trop le calme de ses concitoyens, veut d’abord des recoupements. Mais au fur et à mesure de ceux-ci, il semble que l’émeute provienne de citoyens qu’une étrange et très contagieuse maladie réduit en zombis agressifs. Paniqués, reclus dans leur studio de radio, nos trois héros vont devoir chercher par quels moyens se propage cette mystérieuse infection pour ne pas être à leur tour…

Anna? Anna Faris? Scary Movie 5 c’est le studio d’à côté! Merci!

J’hésite, car je ne voudrais pas trop spoilier, mais on a à faire à un mode de contamination des plus originaux qui nous fait réfléchir à des notions telles que la sémantique, la sémiologie, le pouvoir de domination d’une langue contre l’autre, etc….On pense également à Welles et sa « Guerre des Mondes » radiophoniques, à ce que Romero aurait pu et du devenir aujourd’hui, et au meilleur du Carpenter. Il y a également quelque chose d’insaisissable dans ce Pontypool, une sorte de second degré hyper pregnant mais jamais outrancier que l’on n’arrive pas tout à fait à appréhender à 100%. Vous me direz ce que vous en pensez une fois que vous l’aurez vu.

Et comment ne pas mentionner l’interprétation GIGANTESQUE de Stephen McHattie (aperçu dans 2012, les Watchmen, Fringe…) mais qui trouve là un des rôles de sa vie avec Lisa Houle, petite MILF apeurée aux yeux de biche. Ce duo donne dans la dernière bobine une très jolie histoire d’amour où pour se sauver les personnages vont devoir réinventer une certaine forme de poésie. Kill is Kiss.

Vous l’aurez compris, j’ai été vraiment marqué par Pontypool. Donc je vous conseille de vous précipiter dessus en import DVD ou au rayon albanais. Et rapidement. Rapidement…rapidement….rapidement….rapidement…..rapidement….

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Avant Première: The Crazies

22 Avr

Personne n’attendait rien de ce remake de l’honnête charge anti militaire de Roméro au coeur des 70’s (« La nuit des fous vivants » en french, le titre le plus LOL des films d’horreur je crois). Et tout le monde a eu raison. Pourtant, lorsque l’on voit Scott Kosar au script (l’excellente relecture de Texas Chainsaw Massacre) et Brick Eisner à la réal (l’honnête « Dernier vol du Phoenix »), le toujours excellent Timothy Olyphant dans le rôle du shérif et la mimi Rhada Mitchell (Silent Hill!!) dans celui de sa femme, nous pouvions fonder de légitimes espérances.

Bon, allons voir du côté d’Allociné pour un petit résumé que j’ai la flemme de pondre: Imaginez un virus capable de transformer n’importe qui en fou dangereux. Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West. Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir…

- MER IL ET FOU (si jété pas là vous seriez vous?)

Et pour s’en sortir ils vont faire quoi? MARCHER. Marcher pendant quasiment une heure. Cette longue randonnée à travers le petit bled va être rythmée par le même procédé 3 ou 4 fois: un nouveau lieu, un mouvement de caméra circulaire, une menace au second plan dont le protagoniste principal ne s’aperçoit évidemment pas. J’exagère à peine mais on sent bien que Paramount Vantage a largement sabordé le film semble t-il surtout lors du premier tiers AKA le tiers d’exposition: là où nous aurions eu besoin de rentrer au « coeur » du village pour légitimer les relations entre voisins, leurs amitiés, rapports, etc…tout cela n’est même pas survolé, ce qu’il se passe après on en a donc strictement plus rien du tout à carrer étant donné que les enjeux affectifs sont équivalents à 0. La volonté des prods de faire des 3 chasseurs du début, les ultimate bad guy du film se pose un peu là aussi comme grossière incohérence par rapport au virus en lui même. Bref. Cessons de tirer sur l’ambulance, elle a pas mal de boulot par ailleurs. Et souhaitons bon courage à SND (filiale de M6) pour vendre le film. Ah ah.

Growth, Shuttle et Sorority Row

21 Avr

Ouais, je sais, ça craint. Ca fait près d’un mois et demi que j’ai donné aucune nouvelle. Un blog en état de mort cérébrale c’est jamais joli joli. Mais c’est pas pour ça que j’ai pas enquillé les films hein! Alors, pour la peine, 3 pour le prix d’un!

On repart comme en quarante avec « Growth », petite série B au générique prometteur (sauce Dawn of the dead / Resident Evil) mettant, ma foi, l’eau à la bouche. Il y est question d’une île ayant été le théâtre d’expérimentations scientifiques dans les années 80, expériences ayant pour but de fabriquer des sur hommes (enfin, j’crois) alors que tout le contexte est lié à, croyez le ou pas, le commerce des huitres. Mais bon, évidemment, ça foire total, des parasites nouvelle génération naissent et ravagent le village. La nièce du médecin chef (une des rares survivantes) revient donc sur l’île 20 ans après pour solder ses comptes et surtout vendre sa maison. Mouaiff. Bon, vous me direz on a déjà vu pire comme intro.

"Putain, j'ai méga mal au bide les gars!"

Après un générique plutôt enlevé (on ne va pas revenir dessus), il se trouve qu’on s’ennuie horriblement pendant cette petite heure vingt de métrage. On sent bien la volonté du réal de faire un film fun et décomplexé et d’imprimer un cachet 90’s à son film mais c’est globalement raté. On sauve ceci dit les effets spéciaux des parasites, très très réussis, mais ces SFX semblent avoir gratté tout le budget de fait que le reste du film ressemble à un épisode de Derrick….

Un petit avant goût, ici:

On continue avec Shuttle, petit film de genre dont vous aurez certainement aperçu l’affiche ces derniers jours puisque le film vient à peine de sortir Direct to DVD dans notre beau pays. Principalement interprété par Peyton List (la délicieuse petite infirmière de la série Fast Forward) et l’excellent Tony Curran (Gladiator, Petits meurtres entre amis, la ligue des gentlemen extraordinaires, etc…), Shuttle raconte le périple de deux amies qui, de retour d’un week-end,  arrivent à l’aéroport en pleine nuit. Elles réussissent à monter à bord de la dernière navette (le Shuttle du titre pour ceux qui suivent) pour rentrer chez elles. Mais le soulagement cède rapidement à l’angoisse lorsqu’elles s’aperçoivent que le chauffeur se diriger vers une destination beaucoup plus obscure…

T'as VRAIMENT envie de te moquer de mon pull jaune là?

Quand ce fantastique résumé d’Allo Ciné parle de destination obscure, il veut dire les faubourgs industriels et déserts d’une grande ville américaine à 3h du mat. Et là, c’est tout de suite beaucoup plus flippant. Shuttle fonctionne comme un huis clos look alike dont les pièces de l’intrigue, à priori absurde, vont s’assembler patiemment pendant les 3/4 du métrage afin de former le puzzle parfait lors des dernières scènes du film. On se doutait un poil du twist final mais on ne peut s’empêcher d’éprouver beaucoup de plaisir devant ce film aux antipodes du premier film prétentieux et roublard, plutôt frais, et offrant de gros moments de tension. Dommage que la pysché du perso joué par Curran ne soit pas un peu plus creusé: regrette t-il ses actes? On peut avoir un semblant de réponse aux détours d’une scène mais bon….Je conseille néanmoins vivement. A voir en VO absolument, la VF étant déplorable.

Trailer:

Enfin, terminons par Sorority Row (Soeurs de Sang en VF), remake du film original datant, si ma mémoire de poisson rouge est bonne, du milieu des années 80. Jessica, Claire, Chugs, Cassidy, Ellie et Megan font parties d’une confrérie universitaire. Suite a une mauvaise plaisanterie qui tourne mal, Megan est accidentellement tuée. Plutôt que d’avouer leur crime qui détruirait leur avenir prometteur, les jeunes femmes se débarrassent du corps et se jurent de garder le secret. Mais quelqu’un sait ce qu’elles ont fait et est bien décidé à le leur faire payer…

Je ne comprends pas la tonne de critiques positives s’étant abattues sur cette relecture molle du genou (j’ai hésité à zapper sur Louis la Brocante au moins 3 fois) ou plutôt, si. Un casting. Enfin, LE casting. De celui qui vous donne des suées, des raideurs, des bouffées de chaleur, des… . STOP. Ce que je vous propose c’est qu’on parle pas du film (vous avez compris hein, des filles, une vengeance, un tueur avec une capuche, des tournevis et un twist final) mais qu’on se concentre sur LE CASTING. En images, ce sera peut être plus parlant:

Voilàààààààààààààààààà

Le trailer pour les voir en action: