Archive | octobre, 2010

Preview : MONSTERS

15 Oct

Ahahhahaa, on l’a vu ! On l’a vu ! On l’a vu !

LE film qui a fait la plus grosse impression au dernier marché du film du festival de Cannes (salle pleine, filles qui s’évanouissaient, Madonna qui jetait sa culotte dans le public) est enfin visible dans notre belle contrée après un tour du monde des festivals et un pit-stop à l’Étrange festival il y a quelques jours.

Tout d’abord, une question. 15 000 dollars de budget? Vous ne vous foutez pas de notre gueule là? Bon, ok, je veux bien que Gareth Edwards -le réal- soit à la base un petit génie des effets spéciaux mais tout de même…. ça sent plus la bourde de l’attaché de presse du film qui a oublié un zéro lorsqu’il a parlé pépettes dans son dossier de presse … et sentant le buzz monter n’a rien fait pour le contrecarrer. En substance, on parierait donc pour un bon 150 000 dollars de budget même si lors de la vision du film, on peut tout à fait estimer un coût entre 5 et 10 M de dollars.

Mais par quel miracle? La légende -toute récente et donc en train de se construire- veut qu’Edwards ait profité de ses quelques passages à Mexico pour tourner quelques plans à la volée qu’il a stockés par la suite afin de les retravailler sur son Comodorre 64 next gen. Les acteurs n’ont à priori pas été payés ainsi que la plupart des techniciens. Ensuite, tout est question d’énergie et celle qu’a consacrée Edwards à la réussite de son projet force le respect …

Ah, mais au fait, de quoi ça parle MONSTERS ? (smiley crétin)

Quand la NASA découvre l’éventualité d’une vie extra-terrestre dans notre système solaire, une sonde est envoyée afin de prélever des échantillons. Malheureusement, elle s’écrase au-dessus de l’Amérique centrale lors de son voyage de retour. Peu après, de nouvelles formes de vie apparaissent dans la zone du crash et la moitié du Mexique est mise en quarantaine, considérée comme une zone contaminée. Six ans plus tard, les armées américaines et mexicaines se battent encore pour maîtriser les «créatures»… L’histoire commence lorsqu’un journaliste des Etats-Unis accepte de raccompagner un touriste américain en état de choc, du secteur mexicain contaminé vers la zone sécurisée de la frontière américaine. Et les ennuis commencent …

Alors, Messieurs Dames des services Marketing, arrêtez de nous vendre des films pour ce qu’ils ne sont PAS. A la vision des différents teasers circulant sur la toile, on aurait pu s’attendre à un énième Cloverfield look alike à base de gros streums défonçant une ville et de shaky cam toutes les 10mn. Que nénni.

Après une mise en place qui prend son temps et nous permet de nous attacher aux deux personnages principaux (deux paumés tout mignons qui se reniflent le cul), Edwards nous en met plein la gueule avec une première scène choc (et la seule!) qui est, selon moi, sa relecture de la scène du 4×4 de Jurassic Park (en mieux et sans verre d’eau qui tremble). Ce sera en tout et pour tout (hormis la scène d’ouverture) la seule et unique scène d’action du film. Le reste est complètement aérien, mélancolique, empreint d’une réelle empathie pour des personnages que l’on voit évoluer dans un décor apocalyptique (putain, cette production value de ouf!) et délivre des messages certes un peu primaires on va dire (l’acceptation de l’autre, ne niquez pas la planète, etc…) mais qui fonctionnent. Et super bien en plus.

Et une scène finale, qui telle un ballet menée par deux créatures gigantesques, nous laisse pantois. Les yeux embués de larmes.

Alors, non, jeune kids. Monsters ne va pas te faire sursauter, tressaillir, ne va pas occasionner de montée d’adrénaline.

Mais c’est juste un film magnifique, doux, épuré mais tellement riche esthétiquement. Et un film à messages. Merci Monsieur Edwards. Et arrête de mentir sur le budget steuplé.

Le trailer prend ça dans ta gueule :

En exclu sur l’internet mondial du 9ème arrondissement à Paris …

14 Oct

… La critique du fantastique MONSTERS. Demain. Sur Cinephaegious.

Preview : Le Village des Ombres

13 Oct

On a suivi avec un intérêt grandissant l’aventure de Fouad Benhammou (jeune réal qui n’en veut) et de la toute jeune société de prod Kobayashi Prod avec leur premier effort : le village des ombres (ex-Ruiflec). Tout avait commencé il y a quelques années par la mise en ligne d’un teaser « home made » sur Dailymotion faisant état des ambitions stylistiques de l’ami Fouad. Quelques années sont passées, de périples en périples (défection de Sara Forestier à la dernière minute, remplacée par Christa Théret -LOL- non je rigole pas, je parle du film avec Sophie Le Mime Marceau; problèmes de financement divers et variés, réécritures en série, etc etc) avant que le film ne vienne au monde et soit présenté au monde entier le 17 novembre prochain.

L’équipe de Cinéphaegious a pu découvrir le film en avant première et tenait à vous faire partager son avis sur ce nouvel effort de film de genre à la française.

Alors, autant le dire tout de go : le Village des Ombres (appelons le VdO pour aller plus vite) n’a strictement rien à voir avec les dernières prods dites de « genre » en France, type La Horde (Fuck Yeah), La Meute (pas vu) ou encore Humains (la meilleure comédie de l’année, selon nous). On se situe plus au niveau d’un film « hybride » situé quelque part entre La Maison du Diable (Robert Wise) et Les Autres (Alejandro Amenabar) : point de gore ici mais une histoire, des acteurs et un sacré décor (naturel).

Un petit coup de pitch si vous le voulez bien :

Un groupe d’amis prend la route pour passer le weekend dans le village de Ruiflec. Arrivés sur place, certains disparaissent mystérieusement, sans explication. Les autres, tout en essayant de les retrouver, vont tout faire pour rester en vie et s’échapper du…Village des Ombres

L’étroitesse du budget alloué (on parle ici de 1,5 M€) permet au réalisateur de se concentrer avant tout sur l’ambiance (pluvieuse, à la Silent Hill) et à la direction d’acteurs (mention bien à Barbara Goenaga et mention « ouh qu’elle est belle la surprise » à Johnathan Cohen, la véritable révélation du film selon nous). Sur ce point là, c’est un quasi sans faute. Le VdO est magnifié par une caméra aérienne, virevoltante entre la maîtrise du scope par Carpenter et les envolées techniques Sam Raimiennes. Le tout ne semble pas en toc, quelques clins d’oeil aux fans parsèment le métrage (checkez bien le portrait de HP Lovecraft accroché au mur…), et les acteurs ne semblent pas se demander ce qu’ils font là (n’est ce pas Lorant Deutsh?).

Là ou le bat blesse, c’est dans la construction de l’histoire : pour éviter sans doute un schéma trop linéaire, le film prend le parti de compliquer inutilement le métrage à base de Flash-Backs n’apportant pas une réelle valeur ajoutée à la construction scénaristique : je parle ici des FB relatifs à l’actrice Ornella Boulé et à ceux décrivant la « malédiction » (sans spoiler). Ces sauts de puce dans le temps alourdissent le récit et font nettement tomber la tension alors que tout montait très tranquillement dans l’hypothalamus des spectateurs…

Dernière surprise : le climax final. Là où on pouvait s’attendre à une résolution type actionner-horror movie, le réalisateur a l’intelligence de prendre un contre pied total. Pas de boss de fin de niveau, pas d’ennemi héréditaire à combattre mais un choix, douloureux, à faire le tout dans une grosse bulle de mélancolie. Certainement pas un choix facile à faire et encore moins à assumer. Mais cette fin -certainement le meilleur moment du film- mérite à elle seule que vous vous jetiez sur le film dès sa sortie.

En résumé, le VdO est un premier film qui mérite d’être salué, prenant intelligemment une autre voie (certainement pour ratisser un peu plus large niveau public hein, faut pas se leurrer!) que celle empruntée par ses petits camarades de jeu. On souhaite donc bonne chance à Fouad Benhammou pour la suite de ses aventures.