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Sherlock Holmes

25 Jan

Avec quelques jours d’avance, nous avons pu découvrir cette nouvelle version de Holmes, conçue par le très inégal ex-Madame Ciccone, Guy Ritchie. Le trublion anglais, auteur des plutôt bons Crimes, arnaques et botanique et Snatch et d’un reste de filmographie complètement indigeste, s’en sort finalement pas trop mal grâce à une réalisation plutôt sobre (et bonne), quelques scènes proprement hilarantes (la bagarre en français dans le texte avec un colosse frenchie) et une production design incroyable: c’est pas le Londres steam-punk que l’on rêvait de voir mais en tout état de cause c’est vraiment pas mal.

Allez, hop, l’histoire pour ceux qui auraient vécu dans un caisson hyperbare depuis le 19ème siècle:

Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes… Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l’intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils. Ses armes : un sens aigu de l’observation et de la déduction, une érudition et une curiosité tous azimuts; accessoirement, une droite redoutable…
Mais une menace sans précédent plane aujourd’hui sur Londres – et c’est exactement le genre de challenge dont notre homme a besoin pour ne pas sombrer dans l’ennui et la mélancolie.
Après qu’une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l’approche de son éxécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu’il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances.
La panique s’empare de la ville après l’apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes…

Tout d’abord, le scénario. Nous allons tenter de ne pas spoiler mais il est beaucoup plus malin que ce que nous aurions pu craindre. En effet, le canevas classique vilain/enquête/climax/happy end est à priori respecté sauf que…Ben sauf que plutôt d’avoir un twist final à deux balles on a juste une très fine relecture de l’histoire et une mise en perspective différente, ce qui change tout. Oh ce n’est pas le scénar du siècle mais il est suffisamment malin et finaud pour mettre en place les éléments-base de l’univers Holmsien.

Le personnage de Holmes. J’en entends d’ici hurler au loup en regrettant qu’un erzats de Peter Cushing n’ait pas été casté pour le rôle et qu’on se tape Iron Man à la place. Soit. Le choix de Robert Downey Jr (qui à l’air de s’éclater comme un petit fou dans la peau du détective drogué ceci dit) peut s’avérer étrange dans la mesure ou celui-ci est très fortement brandé Iron Man maintenant mais la volonté de créer une nouvelle franchise film d’action « décalé » avec un personnage à priori pas adapté pour (Holmes donc) est plutôt marrante et prometteuse.

Chapeau melon et mottes de cuir

On vient de parler de Downey (plutôt bon donc). Jude Law offre une vision de Watson assez rigolote aussi, ses yeux bleus tristes ont du mal à masquer un quelconque traumatisme de guerre que son boîtement trahit. La relation quasi fusionnelle entre les deux (et disons le, une lecture quelque peu crypto gay) agit comme un véritable moteur de l’histoire et on sent bien que « Gay » Ritchie s’est bien amusé à placer quelques petites images et scènes pour le moins ambigues. Rachel McAdams, toujours sublime, offre une composition intéressante mais nettement en deça de celle de nos deux héros. Sinon, question supplémentaire: PUTAIN MAIS QUI VA JOUER MORIARTY? (à priori, Brad Pitt. NDLR)

Parenthèse: la création du personnage du professeur Moriarty par Conan Doyle était dès le départ destinée à se débarrasser du personnage de Holmes que son auteur ne pouvait plus souffrir au point donc de créer sa némésis ultime…Mais ce ne sera évidemment pas le cas ici, puisque de respect à l’oeuvre de Doyle il n’est pas question: le seul objectif était d’offrir au spectateur un Holmes « Badass ». Et c’est plutôt réussi….