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Show’s over, motherfuckers

14 Mai

Dire que nous attendions de pied ferme KICK ASS serait le plus bel euphémisme connu depuis « ah ben ouais la fin de Lost je l’attends relativement beaucoup, ouais ». Matthew Vaughn à la barre (le papa artistique de Guy Ritchie) et réalisateur d’un excellent LAYER CAKE et d’un mignon STARDUST, une floppée de seconds rôles pour tenir le bolide (l’angliche Aaron Johnson, Christopher « Mc Lovin » Mindz-Plasse, Mark « Sherlock Holmes 2.0 » Strong et l’inusable, le magnifique, le moumouteux, le complètement malade mental: Nic Cage en personne!) et une bande son à faire pleurer Alan Silvestri et son Spidey.

De quoi que ça cause au fait KICK ASS? A l’origine, il y a une bédé des créateurs de WANTED, notamment John Romita Jr, parue en 2008. Premier « meta-comic », sorte d’oeuvre séminale geek nourrissant son univers par ses illustres prédecesseurs. Bien casse gueule donc de se frotter à un comic trash, sexe et hyper violent sans l’édulcorer. Et bien, tenez vous bien, le film de Vaughn réussit haut la main cette gageure même si le film est forcément bien différent de la BD d’origine.

Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d’incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n’a qu’un seul problème : Kick-Ass n’a pas le moindre superpouvoir… Le voilà pourchassé par toutes les brutes de la ville. Mais Kick-Ass s’associe bientôt à d’autres délirants copycats décidés eux aussi à faire régner la justice. Parmi eux, une enfant de 11 ans, Hit Girl et son père Big Daddy, mais aussi Red Mist. Le parrain de la mafia locale, Frank D’Amico, va leur donner l’occasion de montrer ce dont ils sont capables…

Le film est tout d’abord bourré de clins d’oeil: tout le monde reconnaîtra le parallèle saisissant avec le Spiderman de Raimi (la petite maison familiale, le costume Home Made, le thème musical jusqu’à un clin d’oeil via une punchline (!!) un poil détournée « Sans pouvoir, aucune responsabilité », l’entraînement – sur les toits notamment!-, etc…). Nous sommes donc en terrain connu et ne risquons pas d’être surpris. Que nénni. Là où les exploits de l’homme araignée, l’homme d’acier et consorts (je place Batman volontairement à part) sonnent résolument comics (splash, boom!) les scènes de Kick Ass sont parfois …dramatiquement humaines. Il faut voir (attention spoiler) Kick Ass effectuer sa première intervention live contre 2 déliquants et …. se prendre un coup de couteau au bout de 30 secondes et se faire renverser violemment par une voiture! Ici, les coups font mal et on peut mourir à tout instant. Message reçu 5/5.

Le film emprunte une autre direction lorsque les personnages de Big Daddy et Hit Girl sont introduits: ce sont de « vrais » super héros aux exploits physiques hors normes et impossibles à accomplir pour les simples mortels (à ce titre la scène de l’histoire de Bug Daddy filmée mode BD est un modèle du genre pour poser les enjeux et ancrer ces personnages sur le mode « irréel »). La frontière entre la BD et le « vrai » monde se terminera lors d’une scène finale qui verra les deux héros se démasquer (Hit Girl redevenant ainsi la petite fille de 11 ans qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être).

En termes de réalisation, Vaughn propose du lourd, voire parfois, du TRES lourd. La quintessence étant atteinte lors d’une scène hallucinante qui voit Big Daddy et Kick Ass prisonniers des mafieux et libérés par une Hit Girl en furie, le tout filmé sur un format stroboscopique ET au ralenti ce qui nous donne l’occasion d’admirer de véritables planches de BD live. Magnifique.

Bien sûr, quelques menus défauts parsèment le film : une romance qui n’a pas vraiment sa place dans le film et qui casse un peu le rythme, une BD légèrement édulcorée (mais avait on VRAIMENT envie de voir Hit Girl – 11 ans je le rappelle- se shooter à la Coke pour améliorer ses exploits physiques?), et une deuxième tiers du film nettement en deça d’un premier acte posant admirablement les enjeux et d’un dernier tiers apocalyptique.

Si vous ne l’avez pas encore vu, précipitez vous. Vu le semi échec du film dans le monde entier, pas sûr qu’il reste encore longtemps sur les écrans….

PS: vue la petite phrase lâchée l’air de rien dans le film, vivement Scott Pilgrim VS the world….

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