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Pontypool

23 Avr

Débutez. Laissez vous envoûter par la voix de l’acteur Stephen McHattie lors du générique: longue litanie sur l’homonymie de certains mots. Le tout avec vue sur paysage enneigé. Pontypool, Ontario. Nous y voilà. Il fait froid, très froid. Un peu de café rehaussé de quelques gouttes de bourbon ne feront pas de mal. Mais putain, c’est qui cette autostoppeuse chelou? Qu’essaie t-elle de nous dire? Première scène de Pontypool.

Un film que je (re)découvre seulement ces jours-ci du fait d’une non sortie en salles et de chemin de croix pour le trouver sur un autre support. Ce film est tout simplement éblouissant. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été charmé par tant d’intelligence, d’ambiance, d’acting, de tensions…Il y a de tout dans cette toute petite production canadienne sortie en 2008, adaptée d’un best seller de Tony Burgess intitulé « Pontypool changes everything ».

L’histoire? Par un neigeux matin d’hiver à Pontypool, l’animateur Grant Mazzy s’apprête à débuter sa matinale de la radio locale. Sa voix chaude et ronde met en onde les nouvelles insignifiantes qui bercent le quotidien de cette ville sans histoire. Filtrées par sa productrice Sidney Briar, et son ingénieur du son, Laurel-Ann Drummond, les nouvelles sont récoltées par divers biais : leur correspondant Ken Looney censé survoler la région en hélico, les appels des auditeurs, la captation des fréquences de police et les news postées sur le net. Mais voici que petit à petit, notre fine équipe reçoit des bribes d’informations selon lesquelles une émeute se serait produite devant le domicile du médecin Mendez. Une émeute à Pontypool ? Voilà qui serait une première. Mazzy veut sauter sur l’opportunité d’un scoop tandis que sa productrice, plus respectueuse de la déontologie journalistique… et ne cherchant pas à heurter trop le calme de ses concitoyens, veut d’abord des recoupements. Mais au fur et à mesure de ceux-ci, il semble que l’émeute provienne de citoyens qu’une étrange et très contagieuse maladie réduit en zombis agressifs. Paniqués, reclus dans leur studio de radio, nos trois héros vont devoir chercher par quels moyens se propage cette mystérieuse infection pour ne pas être à leur tour…

Anna? Anna Faris? Scary Movie 5 c’est le studio d’à côté! Merci!

J’hésite, car je ne voudrais pas trop spoilier, mais on a à faire à un mode de contamination des plus originaux qui nous fait réfléchir à des notions telles que la sémantique, la sémiologie, le pouvoir de domination d’une langue contre l’autre, etc….On pense également à Welles et sa « Guerre des Mondes » radiophoniques, à ce que Romero aurait pu et du devenir aujourd’hui, et au meilleur du Carpenter. Il y a également quelque chose d’insaisissable dans ce Pontypool, une sorte de second degré hyper pregnant mais jamais outrancier que l’on n’arrive pas tout à fait à appréhender à 100%. Vous me direz ce que vous en pensez une fois que vous l’aurez vu.

Et comment ne pas mentionner l’interprétation GIGANTESQUE de Stephen McHattie (aperçu dans 2012, les Watchmen, Fringe…) mais qui trouve là un des rôles de sa vie avec Lisa Houle, petite MILF apeurée aux yeux de biche. Ce duo donne dans la dernière bobine une très jolie histoire d’amour où pour se sauver les personnages vont devoir réinventer une certaine forme de poésie. Kill is Kiss.

Vous l’aurez compris, j’ai été vraiment marqué par Pontypool. Donc je vous conseille de vous précipiter dessus en import DVD ou au rayon albanais. Et rapidement. Rapidement…rapidement….rapidement….rapidement…..rapidement….